Reportage : Ma visite à la boutique du lin-ACB d'Annie-Claude Bouquet

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Samedi après-midi, les enfants sont ailleurs : Barbara, à un goûter d'anniversaire, Caroline avec Grand-mère. Nous en profitons pour faire une escapade, dans la campagne du pays de Caux, sous un soleil radieux. A moins d'une demi-heure de la maison : la boutique du lin...

Champ de lin

 

En allant vers Dieppe : Biville-la-Baignarde (un nom pareil ne s'invente pas !).Nous arrivons dans la cour : un champ de lin à gauche...c'est bien là.

La boutique est contigüe à la maison familliale de la ferme, dans une jolie pièce à l'architecture normande.

Devant la porte, je suis arrêtée par de petits coupons de lin multicolores sous cellophane, disposés dans des corbeilles en osier. Je m'émerveille devant la diversité , l'intensité et la profondeurs des couleurs. Je me raisonne et je décide de ne pas passer le reste de l'après midi devant ce présentoir...

J'entre...la boutique est grande et c'est une véritable caverne d'Ali Baba ! Il y a, partout où se pose le regard des merveilles de couleurs, de motifs, de linge, de galons, de coussins...je ne sais pas quoi regarder en premier...naturellement je cherche des yeux les belles couleurs que j'ai laissées devant la porte. Ah ! elles sont là ! En rouleaux, sur des étagères...comme elles sont douces !

Plusieurs chalands, présents dans la boutique, me laissent le loisir d'admirer et de fureter sans qu'on me prête trop d'attention. Puis la boutique se vide et je suis toujours là, dans les toiles de lin...ne sachant que choisir. Je pense à vous et je me dis qu'il faut que je fasse des photos...Je vais vers Annie-Claude qui me regarde de loin, d'un air amusée et entendu : elle a dû reconnaitre chez moi, la mine de la brodeuse qui a trouvé un bon filon !

Je me présente et surprise !, elle a entendu parler du site et de la pochette ! Annie-Claude est une personne très chaleureuse, d'abord très sympatique et très intéressante.

 

Au détours de notre conversation, j'apprends qu'un bon lin nécessite le mélange de lins de quarante champs pour qu'il soit de bonne qualité, que c'est une culture très aléatoire - une récolte par décennie est perdue - qui nécessite beaucoup de temps (au moins deux ans) pour la transformation de la matière première en tissus. C'est l'action d'un champignon qui détruit la pectine de la plante qui permet la récupération de la fibre...Et c'est notre pays de Caux qui est le plus renommé pour cela (Cocorico !).

Pour avoir plusieurs cordes à son arc et avoir des revenus complémentaires à la culture risquée du lin, elle s'est lancée dans la création de sa boutique il y a près de 15 ans, maintenant...pour notre plus grande joie. Elle vend les toiles tissées à partir de lins issus de la coopérative qui achète sa production. Les toiles SALADEN sont utilisées par les plus grands couturiers...ce qui explique les couleurs si originales et leur renouvellement saisonnier. Elle fournit aussi les créatrices qui connaissent les bonnes adresses.


Tous ont été choisi pour être coordonnés avec les toiles, ou des "prêts à broder"...Annie-Claude créé des vêtement en lin, mais aussi des pochons, des sacs, des coussins, des range-serviettes, des tabliers...toujours en pensant aux brodeuses. Les range-serviettes et autres pochettes sont doublés en lin de façon à masquer l'envers du travail, tout en laissant passer la main de la brodeuse. J'aurais bien acheté la boutique...mais je me suis consolée avec l'idée d'une prochaine visite.


Nat